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Stranger Things : Captivant, audacieux et magnifique hommage au cinéma de genre des années 80 [Critique]

se distingue de plus en plus par la qualité de ses séries et ne déroge pas à la règle. Véritable plongée réussie dans le cinéma des années 80, cette série des très prometteurs Duffer Brothers un un vibrant hommage aux films de genre qui ont émaillés cette décennie, des Gremlins (1984) à E.T. (1982) en passant par The Thing (1982), ou encore Poltergeist (1982).

Au delà d’une histoire absolument captivante mêlant thriller paranormal, super-pouvoirs, monstres, univers parallèles et disparition mystérieuse, l’exploit que réalisent les jumeaux Matt et Ross Duffer est d’arriver – non pas à reconstituer l’univers des 80’s – mais à réaliser un film en 8 parties des années 80. En effet, tout – de la musique aux décors en passant par les costumes – y est tellement juste qu’on a l’impression de voir un film des années 80, coupé en 8 parties.

Le générique 100% 80’s de la série

Ces deux garçons ont poussé le détail jusqu’à apporter un grain 80’s à la pellicule, y compris avec les petites poussières et autres écorchures d’une bobine qui aurait trop tournée sur le projecteur d’un cinéma de quartier. Ils piochent, avec une douce insouciance et énormément de talent dans tous les codes de cette époque ; de l’esthétique aux ressorts narratifs des films d’aventure aux accents fantastiques des eighties.

Matt et Ross DUFFER - Stranger Things
A tout juste 32 ans, Matt et Ross Duffer écrivent et réalisent ‘Stranger Things’. Il ont précédemment écrit et réalisé le film ‘Hidden’ et réalisé 4 épisodes de la saison 1 de ‘Wayward Pines’

L’histoire

Nous sommes le 06 novembre 1983, dans une petite ville de l’Indiana. Une bande de gosses du quartier, amateurs de jeux de rôle, terminent leur partie. Il est tard et chacun doit vite rentrer. Parmi eux, Will Byers n’arrivera jamais à destination, il disparait mystérieusement.

Alors que sa mère Joyce (Winona Ryder) est effondrée et la ville en émois, ses amis de jeu décident de partir sa recherche. C’est alors qu’ils croisent le chemin d’une fillette – véritable garçon manquée – dotée d’étranges pouvoirs et qui vient de s’échapper d’un mystérieux centre de recherches scientifique dont personne ne sait grand chose aux alentours.

Contre toutes les évidences, la mère de Will reste persuadée que son fils est tout proche et qu’elle peut communiquer avec lui au travers des flux électriques. Aidé par Hopper (David Harbour) le shérif du coin, un dur à cuire qui compte bien mener cette affaire jusqu’à son terme, ils vont petit à petit s’apercevoir que les choses ne sont peut être pas telles qu’elles apparaissent et qu’il faut se méfier des évidences. Ils en sont peu à peu persuadés, quelque chose d’anormal, de paranormal même, se trame autour de ce fait divers.

La révélation

Le casting de Stranger Things est globalement impeccable et Winona Ryder y fait un retour brillant après quelques années sombres dans sa carrière. Je regrette juste un peu qu’il ne lui ait été donné que d’être dans le registre larmoyant, perdu et déprimé.

De leur coté, chacun des « kids » – Finn Wolfhard (qui sera à l’affiche de l’adaptation de Stephen King IT en 2017), Gaten Matarazzo et Caleb McLaughlin – réalise une très belle prestation, nous replongeant dans le monde des Goonies mais la révélation absolue de cette série est la jeune Millie Bobby Brown qui joue le rôle de la fillette prénommée Eleven. Elle est époustouflante de justesse et de puissance dramatique. Elle vous convainc et vous emporte au premier regard.

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Millie Bobby Brown – actrice britannique née en Espagne – dans le rôle de Eleven, la révélation de ‘Stranger Things’

En bref

Stranger Things réussit à mêler dans une même intrigue différents niveaux de lecture nous permettant de ressentir différentes émotions entremêlées, mélodrame avec la mère, horreur et aventure avec les ados et thriller avec le shérif.

Reprenant à la lettre les codes et le vocabulaire du genre qu’ils maitrises parfaitement, les frères Duffer nous plongent dans une intrigue particulièrement efficace à défaut d’être originale (et c’est assumé). C’est bien grace à leur incontestable talent qu’il arrivent à insérer dans cette série une quantité impressionnante de références à ces films mythiques qui ont jalonnés cette décennie. Ils nous les distillent si subtilement que ce n’est qu’au second ou troisième visionnage que la série prend, de ce point de vue, tout son relief. Au premier visionnage subsiste une impression de « déjà vu » intriguant sans en identifier spécifiquement les raisons et qui nous donne l’impression d’un exquis retour en arrière.

Il faut dire que les Duffer Brother ont pris un malin plaisir à reproduire maintes scènes cultes de ces films, à commencer par la scène d’ouverture du pilote qui montre un laborantin affolé dans les couloirs, tentant d’échapper à une créature en appelant désespérément un ascenseur… exactement comme Ripley (Sigourney Weaver) le fit pour échapper à l’Alien, dans Aliens sorti en 1986. La scène est quasiment reproduite plan par plan, c’est croustillant. Et il y a des dizaines de clins d’oeil de ce type tout au long de la série.

Avec son casting au cordeau, son histoire captivante, sa mise en scène soignée sans être m’as-tu-vu et sa reconstitution historique impeccable, Stranger Things est vraiment la série que vous ne devez absolument pas manquer.

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